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XIXe colloque

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Société française d’onomastique

(Paris, Archives Nationales)

en partenariat avec l’

Université de Tours

Faculté des Arts et Sciences Humaines

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XIXe Colloque d'Onomastique

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THÈMES

1/ Les noms propres changent de forme et de sens ; parfois même, ils disparaissent : la variation en onomastique

2/ Richesse onomastique de la vallée de la Loire

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Date : 21-23 juin 2020

Lieu : Université de Tours

Faculté des Arts et Sciences Humaines

avec le soutien du

Centre Tourangeau d’Histoire et d’étude des Sources

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Première circulaire

Après Toulouse, c'est Tours qui accueillera en 2020 le colloque international qu'organise tous les deux ans la Société française d'onomastique. Cette  manifestation scientifique, qui se déroulera du 21 au 23 juin 2020, à l’Université de Tours, et en partenariat avec cet établissement, sera consacrée à la variation en onomastique et à l’onomastique de la vallée de la Loire.

1/ Les noms propres changent de forme et de sens ; parfois même, ils disparaissent : la variation en onomastique

Nous pouvons partir, pour cadrer le thème du colloque, du texte liminaire  de Paul Fabre, « Le changement en onomastique », (école doctorale de l’université de Bourgogne, textes rassemblés par Gérard Taverdet, 1998, ABDO), dans lequel l’auteur distingue deux grands types de changements :

  • Changements de forme (changements du nom, changements de nom) :

Changements morphologiques naturels : liés à l’évolution phonétique de la langue, déterminée par le « temps, l’environnement, l’espace » ;

Changements liés à l’évolution référentielle, en particulier dans l’odonymie ;

Changements accidentels, résultant de l’attraction paronymique et de la remotivation, et constituant une « réappropriation du réel ».

Changements morphologiques arbitraires : liés aux décisions politiques à l’occasion de mouvements ou d’évènements historiques (Révolution, changement de régime, colonisation/décolonisation, etc.), ou d’évolutions territoriales ou administratives (périmètre des régions, regroupements de communes, etc.) ;

Changements liés aux difficultés de codification administrative, en particulier dans les régions fortement marquées par l’empreinte de la langue régionale, à l’occasion de l’établissement du cadastre, et plus largement lorsque la langue régionale entre en conflit avec la langue centrale : adaptation, traduction, substitution, trahison…

  • Changements liés à la méthodologie : liés à l’interprétation des formes onomastiques, à leur analyse et aux outils mis en œuvre dans l’interprétation

Changements liés aux disciplines qui ont successivement géré l’onomastique : historiens, géographes, linguistes Longnon, Dauzat…( à ouverture d’un champ immense et peu exploré : les mythes de l’onomastique…)

L’investissement de l’onomastique par les linguistes se traduit essentiellement par la recherche de l’étymologie des formes, avec les dangers inhérents à cette entreprise :

  1. risque de confusion entre la strate linguistique à laquelle appartient l’étymon et la réalité historique ou référentielle qui a présidé à la fixation, c’est-à-dire la transformation du mot en nom ;

  2. risque d’oubli des réalités référentielles, qui induisent des écarts entre l’histoire du mot et l’histoire du nom (on sait à peu près ce que signifient des mots comme ville, village ou rue en français, mais si on les considère en toponymie, les choses sont beaucoup plus complexes) ;

Tout nom propre possède deux faces indissociables : (avers) histoire du mot soumis aux lois de la langue, telles que les définit la linguistique, et (envers) l’histoire du nom qui intègre des facteurs extralinguistiques comme la motivation, le rôle de l’usager ou du locuteur, l’influence des modes, la pénétration de la nomination par la psychologie.

D’où la nécessité d’une « lecture onomastique », qui irait au-delà de « l’identification linguistique » et au-delà de « l’identification référentielle », faisant intervenir certaines des fonctions définies par Jakobson : la fonction expressive (qui exprime ou dénonce) et la fonction impressive (qui exorcise ou rassure), permettant d’expliquer des toponymes comme Malpas, Malataverne, Bonnefont, etc.

La plupart des types de changements évoqués par P. Fabre pourront donner lieu à proposition de communication.

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Pourtant, on peut également se référer à l’observation de Jacques Chaurand dans l’introduction des Actes du colloque de Strasbourg (Onomastique et langues en contact, septembre 1992) : « des usages, des types de construction, peuvent s’introduire ou se perpétuer en onomastique sans qu’il en soit nécessairement ainsi dans les autres domaines. » Aspect qui complète l’approche de Paul Fabre, et qui est important : voir, par exemple, l’énorme domaine de la syntaxe interne des composés toponymiques ; ainsi, l’ordre déterminant-déterminé, que l’on constate dans des milliers de toponymes (type Avricourt, -ville, -villers, etc.), n’a pratiquement pas touché la langue générale ou centrale. D’où la question des influences par adstrat, mais aussi peut-être par substrat, qui concerneraient prioritairement l’onomastique, et qui détermineraient son originalité sur le plan linguistique. Question sous-jacente : changement ou variation par rapport à quoi ?

Dans le sillage de la morphosyntaxe, la multiplicité des suffixes, leur aptitude à la commutation caractérisent les formes onomastiques beaucoup plus que le français central. Pourquoi ? Cela signifie-t-il que le suffixe onomastique ne constitue plus un morphème ? Si c’est bien le cas, à quoi sert-il ? Qu’est-ce qui détermine les substitutions ?

Autre approche encore : l’onomastique, par certains aspects, relève de la sociolinguistique : or, certains secteurs de nomination témoignent de conflits entre des évolutions divergentes selon les strates sociales qui les véhiculent : l’hagiotoponymie propose de nombreux doublets témoignant d’une évolution populaire (Saint-Mard, récupéré souvent par Saint-Marc) et simultanément d’un blocage de cette évolution (Saint-Médard). D’où la question : ces conflits se manifestent-ils dans d’autres secteurs de l’onomastique : exemples de blocage de l’évolution phonétique attendue ? ou de divergences par rapport à l’évolution du français central ? Pour prolonger la réflexion sur cet axe, on pourra évoquer le remplacement des toponymes : lesquels disparaissent et pourquoi ? Par quel(s) processus s’opère leur remplacement ?

Autre aspect encore : l’anthroponymie, trop souvent parente pauvre de l’onomastique dans nos colloques, ce qu’on ne peut que regretter, occupe pourtant une place de premier plan dans la seconde face évoquée par P. Fabre (bien qu’il ne l’aborde pas) : grande sensibilité à la mode, nomination fortement investie par l’affectivité, mais là encore, domaines originaux où s’observent des influences qui n’affectent pas les autres secteurs.

Les propositions de communication qui viseront à mettre en évidence les particularités linguistiques qui caractérisent les changements onomastiques et les démarquent de la langue générale seront bienvenues.

Pour conclure provisoirement, peut-être possibilité de réorganiser ces pistes en fonction des critères en dia-, mis en œuvre par les dialectologues ou les spécialistes des langues de France :

  1. phénomènes qui renvoient au diamésique (canaux de la communication : oral/écrit) et au diaphasique (situations de communication),
  2.  phénomènes qui renvoient au niveau diastratique (dimension sociale de la communication),
  3. phénomènes qui relèvent de la diatopie (dimension géographique de la communication),
  4. phénomènes qui relèvent de la diachronie.

Enjeu : passer de la notion de « changement » à celle de « variation ».

2/ Richesse onomastique de la vallée de la Loire

Jardin de la France, la Touraine n’est pas une région de « militantisme linguistique ». Depuis le début du XVIe siècle au moins, elle est souvent présentée comme le berceau de la langue française ; on y parlerait un « français  pur » ou à tout le moins « de référence ». Pour Jean-Paul Simon, ce sentiment de parler le “vrai français” va au-delà des limites stricto sensu de la Touraine et se retrouve aussi en amont et en aval de Tours le long de la Loire. Il s’agit d’un sentiment au moins autant ligérien que tourangeau » (2008, p. 52).

Peut-on, dans ces conditions, imaginer une onomastique spécifique de la vallée de la Loire, entendue ici comme Loire Moyenne (d’Orléans à Angers) ? C’est à cette question et à celle complémentaire de la richesse des corpus anthroponymiques et toponymiques ligériens que cette seconde session du colloque voudrait tenter de répondre.

Si les études anthroponymiques sont moins nombreuses pour la vallée de la Loire qu’elles ne le sont pour d’autres régions françaises – ou parle volontiers d’anthroponymie picarde, bretonne, occitane, basque, normande, etc., mais rarement d’anthroponymie ligérienne – ce n’est pas par manque de sources. En effet, pour étudier les noms de personnes, les documents ne manquent pas, y compris pour la période médiévale : les documents comptables de Saint-Martin de Tours, datés de l’époque mérovingienne, ont attiré il y a plus de 40 ans l’attention de Marie-Thérèse Morlet ; le livre des serfs de Marmoutier, dont les actes sont essentiellement datés du XIe siècle, ou le cartulaire de l’Abbaye de Noyers (XIe-XVe s.) ont eux aussi fait l’objet d’investigations anthroponymiques. Quant aux périodes plus récentes, on sait la documentation abondante.

En ce qui concerne la toponymie, la documentation, quoique souvent dispersée pour la vallée de la Loire Moyenne, est d’une grande richesse. Depuis le XIXe siècle, les historiens se sont attachés à répertorier les toponymes et leurs mentions anciennes, analyser les sources. Nous disposons pour cette région de répertoires, de dictionnaires (Carré de Busserolle pour l’Indre-et-Loire, Saint-Venant pour le Vendômois, Célestin Port pour le Maine-et-Loire, Eugène Hubert et Eugène Vallée pour le Berry, etc.) qui ouvrent la voie à des travaux de nature et d’ampleur variées : études macro et micro toponymiques, études diachroniques ou synchroniques, études socio-linguistiques, etc.

L’onomastique de la vallée de la Loire est également riche par son patrimoine littéraire. Qu’il s’agisse de Rabelais, Balzac, Genevoix, Gracq, etc., les relations que les écrivains ont entretenues avec cette région se sont en effet traduites par une importante créativité. Noms propres de lieux et de personnages, noms réels ou imaginaires, place occupée par les noms dans le temps du récit, dans sa géographie intime…, sont autant de portes d’entrées dans ce colloque.

La matière est donc à coup sûr considérable. Cette seconde session pourrait être l’occasion de rendre compte de la profusion et de la diversité des sources, de dresser un bilan onomastique qui reste à établir pour cette vallée de la Loire Moyenne et de contribuer ainsi à sa valorisation autant qu’à celle de notre discipline au sein des sciences humaines et sociales.

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Ce colloque est avant tout une réunion scientifique destinée à faire état des recherches en cours en onomastique et à susciter l’innovation théorique et méthodologique. Toutefois, les organisateurs souhaitent favoriser l’ouverture vers un public cultivé non spécialiste s’intéressant au patrimoine onomastique et soucieux de mieux le connaître. Les chercheurs qui répondront au présent appel à communication sont invités à tenir compte de ce niveau d’exigence comme de ce souci d’ouverture.

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Les propositions de communication, accompagnées d'un résumé de 10 lignes maximum, et d’une bibliographie sont à expédier de préférence par courriel, avant le 1er octobre 2019, à l’adresse suivante : 

Mme Sylvie LEJEUNE

Secrétaire de la Société Française d'Onomastique

23 allée des Pelouses d'Ascot

33270 BOULIAC

Courriel : sylvie.lejeune-modi@wanadoo.fr

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Une deuxième circulaire, diffusée fin novembre, établira un préprogramme et fournira aux participants toutes les informations utiles à leur séjour à Tours.

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Date de création : 05/07/2019 16:32
Catégorie : Activités - Colloques


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